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Histoire du cannabis médical

Le chanvre est l'une des ressources en fibres les plus durables de l'humanité est c'est aussi la source de l'une des drogues les plus populaires et utilisées : l'herbe de cannabis. Le chanvre et l'herbe de cannabis sont les produits de la même plante et une histoire du cannabis médical serait incomplète sans une mention de sa polyvalence

En 1972, à Taïwan, des tessons de poterie dans un village préhistorique portant une impression distincte d'une corde en chanvre ont été mis à jour. Ces tessons ont été datés comme remontant à dix mille ans et prouvent que le chanvre a été utilisé depuis l'Âge de pierre.

En 2008, des experts s'apprêtent à publier les résultats d'une fouille en Asie Centrale qui montre des preuves de l'utilisation du chanvre par un chaman préhistorique il y a plus de 27 000 ans.

"Ma", le terme monosyllabique pour le chanvre en chinois, fait probablement de celui-ci la "mère" (homophone en chinois) de l'agriculture. Cette plante résistant et annuelle a permis à la Chine agro-industrielle d'être bien en avance sur les civilisations de chasseurs-cueilleurs, car le chanvre est une source fiable de nourriture et une fibre textile durable. En plus de son usage médicinal et textile, le chanvre a été utilisé en chine comme étant la seconde ou troisième source plus importante de nourriture pendant des millénaires : les graines de chanvre sont riches en protéines, en vitamine B et en acides aminées. Des fouilles dans des ruines égyptiennes datant de moins 1600 ont révélé la preuve que le cannabis était utilisé médicalement et des fouilles dans des sites hébreux ont prouvé l'utilisation du cannabis comme aide à l'accouchement un siècle avant JC, mais "Ma" (le cannabis) a véritablement été la fondation de la culture chinoise de l'aube des temps à nos jours.

L'importance du chanvre dans la Chine ancienne est exprimée par la découverte d'un tissu en chanvre dans un site funéraire de la dynastie Zhou (1122-1249 av JC). Le Livre des Rites (environ moins 200) mentionne que les personnes endeuillées doivent porter un tissu en chanvre afin d'exprimer le respect pour les décédés et cette tradition a survécu jusqu'à nos jours.

Une des plus importantes invention en Chine vers 200 av JC est le papier de chanvre et , bien que le secret de sa fabrication est été tenu secret pendant près de 9 siècles,il devenu rapidement indispensable au développement de toutes les civilisations dans le monde. Les usages médicaux et industriels du chanvre étaient cependant profondément enracinés en Chine bien des millénaires avant et ont fait de la Chine le pays connu comme étant "le pays du mûrier et du chanvre".

Les guérisseurs dans la Chine ancienne essayaient de guérir toutes sortes de maladies en frappant la tête du lit de leurs patients avec des tiges de chanvre décorées de représentations de serpents tout en récitant des sorts et des incantation afin d'exorciser les démons qui étaient tenus pour responsables des maladies physiques. Les prêtres Shinto japonais utilisaient des fibres non-teintes de chanvre liées à une courte baguette dans une cérémonie similaire avec l'idée que la pureté du chanvre blanc pourrait chasser les démons. La pensée rationnelle pourrait amener à considérer cette coïncidence comme étant pure superstition, mais ne serait-ce pas intéressant de connaître l'origine de rituels à la longévité si importante ?

Un empereur chinois qui a régné aux alentours de 2800 av JC, Shen Nong, a été déifié comme l’introducteur de la médecine à l’humanité. Il est dit de cet empereur mythique qu'il avait un abdomen translucide et qu'il mangeait plus de 70 planes par jour afin d'observer leurs effets et leurs qualités. La compilation des milliers de remèdes qu'il a identifié est appelé le Ben Cao est c'est l'un des plus vieux textes médicaux.

D'après le Ben Cao, les fleurs de la plante femelle du cannabis contiennent la plus grande quantité d'énergie Yin : dans la philosophie et la médecine chinoise, le "Yin" est associé aux attributs femelles, opposé au "Yang", l'élément créatif mâle. Les Ma-fen (fleurs de la plante femelle du cannabis) étaient utilisées pour contrer une perte de Yin, comme des fatigues menstruelles, des rhumatismes, la malaria, le béribéri, la constipation et la distraction. Dans le Ben Ca il était écrit qu'une trop grande consommation de graines de chanvre pouvait causer la vision de démons, mais en revanche une consommation répétée et continue de ces graines pouvait permettre de rentrer en contact avec les esprits. La culture du chanvre pour l'habillement et d'autres textiles par les chinois leur a aussi été enseigné par Shen Nong et cet art agricole est encore pratiqué dans des régions rurales de la Chine.

Afin de provoquer des visions, les alchimistes Taoïstes inhalaient la fumée des graines de cannabis brûlées au premier siècle de notre ère. Ces vision étaient considérées comme des moyens d'atteindre l'immortalité et l'herbe été tenue pour rajeunir le corps et l'esprit. Un chirurgien célèbre du deuxième siècle de notre ère, Hua To, a mené des opérations chirurgicales compliquées en utilisant Ma-yo, une mixture de résine de chanvre et de vin, comme anesthésiant. En utilisant Ma-yo, les opération étaient relativement indolores, même les amputations. Au dixième siècle les traitements Ma étaient employés pour traiter les fièvre froides, pour faciliter l'accouchement, soigner les rhumatismes et pour nettoyer le sang.

Les grecs anciens l’appelaient kannabis. Les marins grecs faisaient commerce du matériau durable fabriqué à partir de solides tiges de chanvre autour de la mère Égée dès le sixième siècle avant notre ère et des archéologues ont retrouvé des chargements de fibres de chanvre dans un navire marchand carthaginois qui a coulé vers la Sicile aux alentours de moins 300. Hérodote, le grand historien grec, écrit en 450 av JC que les Thraces produisent des vêtements de chanvre de très bonne qualité. Quatre cents ans plus tard, Plutarque écrit que les Thraces se débarrassent de la partie supérieure du plant de cannabis en le jetant au feu, la fumée produite pouvant intoxiquer les personnes qui l'inhalaient. C'était une coutume avec laquelle le peuple de Zeus consommateur de vin n'était pas familier. Une petite référence à propos de l'usage du kannabis est trouvée dans la littérature grecque aussi loin que 400 av JC pour le traitement des douleurs du dos mais c'est le seul usage médical connu dans la Grèce antique. Il est aussi connu que les peuples hébreux et arabes utilisaient le kannabis pour des raisons médicales à la même période.

En 70 av JC, un médecin grec connu sous le nom de Discordes a été employé par les romains pour la recherche et la collection d'une riche somme de connaissances sur les plantes médicales. Discordes a écrit un livre de ses voyages appelé Materia Medica et dans ce livre il détaille les descriptions, noms locaux, habitats et indications des traitements pour certains symptômes. Il a documenté 600 plantes et parmi eux il a identifié Cannabis Sativa L. (du grec kannabis). Le cannabis était utile pour fabriquer des cordes et produire des graines dont le jus pouvait réduire les douleurs d'oreilles et diminuer le désir sexuel. Le Materia Medica de Discordes a connu un énorme succès et a été traduit dans toutes les langues possibles et est resté un manuel essentiel de la médecine occidentale pendant au moins 1500 ans.

Le mot canevas vient du mot cannabis, une indication étymologique de la grande importance de la fibre de chanvre dans la technologie navale européenne. L'expansion des colonies européenne dans les parties éloignées du monde n'aurait pas pu avoir lieu sans le développement de la technologie basée sur le cannabis. Par exemple, pendant les voyages transatlantiques de Colomb en 1492, ses vaisseaux transportaient plus de 8 tonnes de chanvre dans les gréements et les voiles. C'était le produit de bien des heures de travail manuel de paysans récoltant les champs et le chanvre est devenu la plus importante culture industrielle dans la plupart des pays. Au même moment, les informations sur l'usage médical du cannabis en Europe étaient limitées aux documents écrits par Discordes et aux remèdes maisons oraux transmis à travers l'époque médiévale.

Quand la civilisation occidentale a émergé des âges sombres vers la Renaissance, elle a découvert de nombreux faits importants, comme les nombreux bénéfices d'une utilisation médicale du cannabis. En 1621, das l'Anatomie de la Mélancolie, Robert Burton a suggéré que le Cannabis pouvait être utilisé dans le traitement de la dépression. En 1982, le New London Dispensary a, pendant une courte période de temps, utilisé les graines de cannabis dans le traitement de la jaunisse et de la toux. En 1794 il a fait état de l'amélioration de la compréhension des nombreux autres usages médicinaux de la plante de cannabis. Le dispensaire a suggéré que le cannabis pouvait être être utilisé comme traitement contre les toux, les maladie vénériennes et l'incontinence urinaire. Il a aussi été noté que bien que les graines soient les parties les plus communément utilisées, les autres parties de la plante devaient aussi faire l'objet de recherches. En 1814 Nicholas Culpepper a publié un livre qui listait tous les usages médicinaux connus du cannabis. Dans son livre, il incluait les usages précédemment connus et un certain nombre de nouveaux, comme le soulagement de la colique, des humeurs des boyaux, le traitement des saignements problématiques, la réduction des gonflements à la tête et le traitement des douleurs articulaires. Culpepper a aussi suggéré que le cannabis pouvait être utilisé comme additif aux onguents pour traiter les brûlures. Il n'y a pas de preuve historique que les médecins en Europe étaient au courant d'un quelconque effet psychoactif de la plante avant l'exploration de l'Inde qui a élargi la perception européenne du cannabis.

En 1753, un botaniste suédois nommé Carl Lineaus a complété le manuel de référence de classification botanique le plus complet à la date, Species Planetarium. Lineaus s'est servi de la classification de Discordes du Cannabis Sativa, mais les botanistes se sont immédiatement écriés que la nouvelle plante indienne différait du bien connu Cannabis Sativa qui était cultivé pour une utilisation industrielle et médical. En 1783 un biologiste français, Jean Lamarck, a examiné les deux types de cannabis dans sa compilation intitulée Encyclopedia. Lamarck a noté que le Cannabis Sativa, usé communément pour les fibres et le textile était caractérisé par une hauteur de 12 à 16 pieds, de longues tiges, un feuillage épars et des feuilles minces. Le Cannabis indien était bien différent car usuellement haut de 5 à 5 pieds et son feuillage était assez dense, en forme de buisson avec des feuilles larges. Lamarck nota alors la seconde espèce comme Cannabis Indica, d'après le pays d'où elle était originaire.

Il existe des centaines de sous-espèces de cannabis et les botanistes sont constamment en désaccord sur la classification exacte, mais la plupart des experts s'accordent pour distinguer au moins deux types différents dans toutes les variétés qui existent de nos jours. EN 1913, Lyster Dewey, un expert du chanvre et un botaniste du département de l'agriculture des USA a noté dans le USDA yearbook que le Cannabis Indica était différent dans son aspect visuel des nombreuses formes trouvées par ce département dans les graines obtenues dans la plupart des pays où le cannabis est cultivé.

De nouveaux hybrides ont changé les caractéristiques traditionnelles des plants de cannabis car les cultivateurs ont essayé de favoriser certaines caractéristiques et ceci a rendu la frontière entre les deux séries primaires plutôt floue. Cependant, les tendances naturelles se conservent sous une forme ou une autre. Les grandes tiges du Cannabis Sativa sont en général cultivées par les industries de fibre et de graines, alors que les buissons de Cannabis Indica plus courts sont cultivés pour les propriétés médicinale et psychoactives des fleurs. Le Cannabis Sativa qui est cultivé pour un usage industriel ne contient que peu de composés psycho-actifs. Une culture adaptée peut créer des niveaux plus élevés que la normale de composés psycho-actifs dans quelques espèces de Cannabis Sativa. Le Cannabis Indica plus puissant est différent car il n'est pas utilisé pour les fibres industrielles à cause de la petite taille de ses tiges buissonneuses. Bien que ces différences distinguent les tendances naturelles de ces deux types primaires de cannabis, la plupart des cultivateurs de plantes médicinales ont conclu que les variétés les plus puissantes combinent les meilleures caractéristiques des deux types.

Apparemment originaire de Chine, le cannabis s'est répandu vers l'ouest dans toute l'Asie, l'Asie mineure et  autour de la Méditerranée et a été utilisé par beaucoup de cultures traditionnelles. De là, avec le temps, le cannabis a trouvé son chemin et s'est répandu dans presque toutes les civilisations du monde, selon les historiens occidentaux.  Les hindous ont un autre point de vue, car le Cannabis Indica est nommé dans les Védas qui est l'un des quatre livres les plus sacrés. Il a été écrits environ il y a 4000 ans. Les Védas racontent les légendes de conquête, lutte et développement spirituel qui affectent et donnent leur formes à chaque partie de la vie traditionnelle hindoue.  Parmi d'autres mythes, les Védas racontent que Shiva, l'un des trois principaux dieux hindous, se rafraîchissait dans la chaleur du jour en mangeant des feuilles de cannabis. Shiva en a fait sa nourriture favorite et a reçu le titre de Seigneur du Bhang.

Le Bhang est une ancienne boisson hindoue faite de cannabis mélangé avec de nombreuses herbes et épices qui a été populaire en Inde pendant de nombreuses années. Le Bhang est moins puissant que la Ganja, qui est fait des plantes en floraison,  pour les fumer et les manger. Charas, qui est plus puissant que le Bhang ou la Ganja est fait à partir des fleurs de cannabis récoltées à pleine maturité. Le Charas est dense avec une résine collante et s'avère aussi puissant que la résine de cannabis concentrée connue sous le nom de haschisch. Pendant des milliers d'années, des préparations stupéfiantes de cannabis ont été utilisées dans presque tous les aspects de la vie indienne, de l'adoration rituelle aux préparations des guerriers pour la bataille, en passant par les couples se préparant au mariage. La culture indienne a fait usage de la plante pour chaque occasion importante et lors de l'utilisation le nom du Seigneur Shiva est invoqué.

Le quatrième Véda, le Athaaveda qui peut être traduit comme la Science des sortilèges, appelle le Bhang comme étant l'un des cinq royaumes des Herbes qui peuvent nous libérer de notre anxiété. Bien que cette idée apparaisse comme similaire aux théories occidentales, la sagesse de l'Asie du sud n'est pas limité par la logique newtonienne. Un ancien mythe hindou mentionne l'époque avant la création où les dieux ont baratté la montagne cosmique pour obtenir le nectar de l'immortalité. Il est dit que les plants de cannabis ont poussé là où les gouttes de ce nectar ont touché la terre. Une autre sutra  mystique raconte que Siddharta, celui qui est devenu Buddha, vécu en se nourrissant d'une seule graine de cannabis par jour pendant six ans avant de connaître l'éveil. Bien que cela soit impossible, ce mythe ancien nous rappelle que l’hindouisme et le bouddhisme tantrique au Tibet chinois, au Népal et en Inde du nord se sont servis du cannabis comme sacrement important dans de nombreux rituels religieux pendant de très nombreuses années.

La médecine traditionnelle indienne a utilisé pendant une longue période et de nombreuses façons le cannabis : il a été utilisé comme remède de maladies telles que les fièvres, les coups de chaleur, la dysenterie et la lèpre. Le Cannabis est tenu pour accélérer la digestion, augmenter l’intelligence, aider à clarifier les mucosités, augmenter la vivacité et comme un élixir de vie. La médecine hindoue, au contraire de la médecine occidentale, s’appuie sur l'éveil spirituel. Il est dit que la Ganja plaît à Shiva, le roi des dieux qui est toujours satisfait par cette offrande. La connexion entre Shiva et la Ganja est considérée comme très importante pour maintenir l'équilibre physique et psychologique. Selon le Rajvallabha, un texte hindou du 17ème siècle, ce remède assouvissant les désirs a été obtenu par les hommes pour le bien de tous. Il est dit que ceux qui en font régulièrement usage créent la joie et diminuent la sensation de tristesse.

Dans la culture indienne, le cannabis est révéré comme sacrement et bénédiction, à travers laquelle une personne peut se plonger dans les forces cosmiques et s'unir avec les dieux. Bien que les sociétés occidentales rejettent en général les expériences spirituelles subjectives, ces croyances importantes ne peuvent être ignorées. En 1893, après une longue étude de l'usage du cannabis dans une colonie du sud de l'Asie, le gouvernement anglais a publié la plus grosse étude sur le cannabis à cette date dans le rapport de la the Indian Hemp Drugs Commission. après bien des années de recherche, la commission est arrivée à la conclusion que le chanvre n'était pas néfaste pour les indiens et qu'il serait une erreur de vouloir essayer de séparer cette culture de leur drogue spirituelle. Toutefois, en 1986, la Single Convention of Drugs and Narcotic Substances a déclaré illégal le cannabis dans le monde entier. Ceci incluait les pays de l'Asie, l'Afrique le Moyen-Orient et l'Amérique du Sud qui sont des pays où l'usage historique du cannabis précédait le moment où les vaisseaux chargés de chanvre venus de terres lointaines accostèrent ces pays.

Durant les premiers temps des Colonies Américaines, les produits industriels du chanvre sont devenus un produit clé dans le commerce mondial. Le chanvre été contrôlé par le gouvernement, mais les usages médicaux du cannabis étaient relativement inconnus du nouveau comme de l'ancien monde. Toutefois, quand les occidentaux ont découvert les nombreux usages du cannabis dans la médecine indienne, les effets du cannabis sur les pratiques médicales européennes et américaines ont été rapides et importants.

Au 19ème siècle, après une longue étude de la littérature médicale indienne et des conversations avec de nombreux savants indiens sur le sujet du cannabis, le chirurgien William B, Shoughnessy de la British East India Company a commencé à tester le Cannabis Indica sur ses patients et sur lui-même. Shoughnessy fait découvrir de nouveaux usages du cannabis en Europe et en Amérique. En 1839 il a écrit un rapport intitulé La préparation du chanvre indien et de la Ganja ( The Preparation of the Indian Hemp and Ganja).  Shoughnessy a découvert que le cannabis aidait pour les rhumatismes, les convulsions, les spasmes musculaires dus au tétanos et à la rage. Cette recherche reste une pièce historique de littérature médicale pour la poursuite de la recherche dans notre époque.

Pendant la fin des années 1880, après les travaux de  Shoughnessy, on a assisté à une augmentation des thérapies au cannabis dans les pratiques médicales occidentales. En 1840, un médecin français nommé Louis Aubert-Roche a créé un livre sur l'usage du haschisch pour traiter les symptômes de la typhoïde et de la peste fiévreuse.  En 1854, le Dispensaire des États-Unis a listé les nombreux usages pour les extraits de cannabis dans des cas incluant la goutte, la névralgie, le tétanos, l’hydrophobie, le choléra, les convulsions, les spasmes, l'hystérie, la dépression, les hémorragies utérines et pour les contractions durant l'accouchement.

En 1890, Sir John Russell Reynolds le médecin personnel de la Reine VIctoria a conclu que le cannabis était utile dans le traitement de la dysménorrhée, des migraines, des névralgies, des convulsions et de l'insomnie. Reynolds a mentionné que la cannabis était de loin le plus efficace des traitement contre les maladies douloureuse. Il n'est pas connu si Reynolds ou d'autres médecins occidentaux avaient connaissances des recommandations similaires écrites par Shen Nong en Chine  plus de mille ans auparavant.

Entre les années 1840 et 1890 plus de 100 publications médicales ont paru sur le sujet du cannabis comme traitement pour la perte d'appétit, les migraines et maux de têtes, contractions musculaires involontaires, la toux excessive et le syndrome de manque dans les addictions à l'alcool ou aux opiacés. Sir William Osler, aussi connu comme le père de la médecine moderne, a dit du cannabis que c'était le meilleur traitement contre les migraines dans son manuel médical écrit en 1915. Pendant cette période, il existait au moins 30 préparations différentes de cannabis réalisées par des compagnies pharmaceutiques de pointe dans toute l'Amérique du Nord, bien que les injections hypodermiques d morphine, ainsi que l'Aspirine et d'autres médicaments étaient déjà en train de remplacer les remèdes de plantes traditionnels.

Thomas Jefferson, George Washington et bien des pères fondateurs des États-Unis ont vanté les nombreux usages du chanvre, mais leurs opinions ont été écartées par la révolution industrielle et les valeurs américaines alors radicalement réinventées. Les politiques américaines, poussées par des idées capitalistes et nourrissant des préjudices contre les personnes de couleur, alors les principaux usagers du cannabis comme drogue récréative, ont amené à l'adoption en 1937 du Marijuana Tax Act qui a rendu hors la loi tous les usages du chanvre en imposant une taxe au coût prohibitif.

Durant les audiences à huis clos de 1937, l'Association Médicale Américaine a combattu fortement cette prohibition de l'usage médical du cannabis . Le témoignage du Docteur  Williams C. Woodward a été l'occasion pour lui de critiquer cette procédure et les intentions derrière elle. Il a répondu aux législateurs :

"Dans tout ce que vous avez entendu jusqu'ici, il n'a pas été fait mention de l'usage par les médecins, ni de la distribution par les pharmaciens. Et pourtant le poids de cette loi est placé sur les médecins et les pharmaciens, et je dis le plus lourdement possible sur les paysans de notre pays.

Nous ne pouvons pas comprendre, Monsieur le Président, pourquoi cette loi a été préparée en secret pendant les deux dernières années sans aucune initiative, même auprès des professions pour lesquelles elle est proposée. Aucun homme de médecine ne pourrait faire correspondre cette loi avec un médicament avant de la lire en entier, simplement car la marijuana n'est pas un médicament mais simplement un nom donné au cannabis."

En représentant de manière erronée un médicament standard utilisé en médecine pendant presque un siècle en y incorporant le terme argotique mexicain marijuana, la loi sur les taxes de 1937 était un parfait exemple de ce que le critique social Noam Chomsky appelle la fabrication du consentement.  Le comité n'était ni concerné ni embarrassé par le processus démocratique. Car à son opinion directe et honnête, le Dr Woodward s'est vu répondre les phrases suivantes :

"Vous n'êtes pas coopératif. Si vous voulez faire des suggestions sur la loi, vous devriez venir avec des idées constructives plutôt que juste de la critique, plutôt que juste essayer de mettre des obstacles en face de ce que le gouvernement essaye d'accomplir."

Malgré l'intérêt de l'Association Médicale Américaine et un nombre de compagnies pharmaceutiques telles que Ely Lilly et Parke-Davis, et sans aucune considération envers les nombreuses industries de fibre de chanvre telles que la Ford Corporation et les milliers de fermiers américains, le gouvernement des États-Unis a banni le cannabis et tous ses usages. Ceci était basé sur seulement sur les mensonges de certains policiers fédéraux supportés par le magnat de la presse William Randolph Hearst. Hearst a créé l'hystérie dans le pays à propos d'une drogue maléfique nommé herbe, dont les racines plongeaient en enfer. Alors que la plupart des gens n'avaient pas de connaissances ou d'expérience avec les plants de cannabis, la plupart des américains ont cru ce qui leur a été dit. Peu de gens étaient conscients de la perte causée dans la science médicale. Avec le recul, il est évident que les histoires horrifiques de meurtres et de chaos largement diffusées au États-Unis étaient conçues pour faire plier l'industrie du chanvre car elle posait des problèmes à l' industriel du papier-arbre Hearst et à l' industriel de la fibre synthétique Dupont parmi d'autres. Des fortunes ont été faites dans les cours européennes sur le dos des fermiers du chanvre, des fortunes industrielles modernes sont basées sur la destruction. Les politiciens et les agences d'application de la loi ont solidifié une nouvelle frontière en bannissant la précieuse herbe de cannabis.

Jusqu'en 1942, le cannabis était légalement prescriptible mais son utilisation médicale avait baissé en raison de la taxe. Pendant ces années, la propagande démentielle a fait disparaître le chanvre de la mémoire des américains, le matériau sur lequel ont été écrit la Déclaration d'Indépendance et la Constitution américaine. Pendant la seconde guerre mondiale les usages industriels ont été très largement promus par le gouvernement américain pour les uniformes des soldats à l'étranger, mais quand la guerre a presque été gagnée, le chanvre patriotique pour la victoire est devenu un fait mineur petit à petit oublié de l'histoire. Bien qu'Henri Ford ait construit une voiture entière en chanvre, plus solide que de l'acier, son ingéniosité a été oubliée aussi vite que notre lien avec l'un des remèdes naturels les plus utiles.

Les études du cannabis et ses nombreuses applications médicales ont été minimales pendant des décennies. Alors que plus de 2500 publications ont été écrites entre 1938 et 1965 sur les opiacés, il n'y a eu que 175 études sur le cannabis durant cette période de temps. Une ignorance appuyée a prévalu jusque dans les années 1960 où la révolution culturelle a jeté un nouvel éclairage sur le sujet.

La renaissance de la connaissance du cannabis

Alors que la popularité du cannabis était en augmentation parmi les jeunes américains dans les années 1960, il s'est produit une résurgence de la recherche scientifique, mais des mandats fédéraux ont rendu tout étude non biaisée presque impossible. Alors que le président Kennedy faisait usage du cannabis à la maison blanche pour soulager des sévères douleurs lombaires, les présidents suivants ont radicalement franchi un cap dans la politique de guerre à la drogue qui a été mise en place. Le président Richard Nixon a fait la promesse d'être dur face à la drogue pendant sa campagne et après avoir été élu il a tenu cette promesse. Il a presque immédiatement mis en place la commission Shafter pour étudier le problème du cannabis. Cette commission a conclu que la plupart des problèmes étaient en grande partie le résultat de la prohibition. Après avoir obtenu cette information, Nixon est revenu en arrière sur la décriminalisation et n'a pas tenu compte des recommandations avant leur publication. Alors qu'il était piégé par les policiers, le professeur de Harvard Timothy Leary a mis en cause et s'est battu avec succès contre les erreurs de logique de la Marijuana Act de 1937. Suite à cet événement, Nixon a ré-écrit les lois fédérales sur les drogues, envoyant Leary en prison. L'acte de 1970 sur les substances contrôlées fait de la marijuana une drogue Schedule I avec aucune valeur médicale et un haut potentiel de mauvais usage et a ainsi créé des obstacles majeurs à une recherche objective.

Pendant trois décennies, de nombreux politiciens se sont appuyés sur la rhétorique de la guerre contre les drogues pour étayer leur position sur le sujet.  Le président Carter a été le seul a seulement considérer des possibles changements à cette loi, bien vites avortés. Faire appliquer la prohibition du cannabis a coûté des milliards de dollars US et des millions de citoyens américains ont souffert physiquement, mentalement, économiquement et socialement comme résultat des ambitions de personnages officiels politiques et policiers. EN 1997, le chef et éditeur du New England Journal of Medicine a utilisé le terme federal foolishness "stupidité fédérale" pour critiquer la persécution du gouvernement envers 65 millions d'américains.

Parmi des millions de criminels avoués, le président Clinton et le porte parle Newt Gingrich ont mentionné avoir utilisé le cannabis à des fins récréatives. Malgré cela, les Républicains et des Démocrates suggèrent toujours de défendre le pays contre sa 4ème drogue la plus populaire, envoyant derrière les barreaux plus d'un demi-million de personnes chaque année. Pour les docteurs et les patients américains, les conversations sur la marijuana sont limitées par sa définition légale comme une substance dont la consommation relève du mésusage. Malgré les stigmates sociaux, les pénalités sévères et l'ignorance, l'intérêt populaire pour ce médicament s'est accru. À l'aube du nouveau millénaire, une ancienne sagesse a évolué en folklore moderne.
 
Quand sont arrivés les temps de la chimiothérapie et du SIDA, le cannabis à jouer un rôle plus important dans l'opinion du public. En 1998, 96% des sondés ont remarquablement exprimé une opinion positive envers l'usage médical du cannabis quand interrogés par CNN News. En 1998, un sondage réalisé par Microsoft News Broadcasting Service a montré 90% d'acceptation du public pour l'usage médical du cannabis. Alors que CBS rapporte que seulement 65% y étaient favorables en 1997, 20% des sondés pensaient que le cannabis devrait être légalisé même si la recherche ne pouvait confirmer certains rapports. Le sondage de 1996 de American Civil Liberties Union a déterminé que 79% des américains éraient d'accord avec l'idée de permettre aux docteurs de prescrire du cannabis et parmi ces 79%, 25% rapportaient avoir un ami ou un parent utilisant le cannabis à des fins médicales. Tous ces rapports ont été écrits avant le rapport de l'Institut de Médecine (IOM report) intitulé Marijuana et Médecine : examiner les bases scientifiques en 1999. Suite à ce rapport, un sondage de Gallop a montré que 73% des américains était d'accord avec l'idée que la marijuana devrait être accessible pour diminuer la douleur et la souffrance des gens.

Aux États-Unis, des milliers d'américains malades sont maintenant des usagers médicaux du cannabis médicalement certifiées. Beaucoup d'états ont légalisé son usage si recommandé par un médecin et au moins 20 autres états ont considéré le vote d'une telle loi. Les mouvements pour légaliser le cannabis sont sévèrement handicapés par l’hypocrisie de la stupidité fédérale. Bien que de nombreuses formes de preuves attestent la non-dangerosité et l'utilisé de la marijuana médicale, elle est toujours classée comme substance Schedule 1 comme le LSD, le PCP, l'héroïne, les méthamphétamines et autres drogues dangereuses. Malgré les convictions supportées par la majorité des gens, la loi fédérale est toujours appliquée dans le pays.

Marinol, un médicament contenant du cannabinol, delta-9 tétrahydrocannibinol(THC) est légalement disponible pour les patients sidéens anorexiques pour stimuler leur appétit et pour les cancéreux durant la chimiothérapie afin de contrôler la nausée. Avec ces traitements, le Marinol a aidé à faire reconnaître l'usage du cannabis dans d'autres champs de la pratique médicale.

 La difficulté d'avoir une discussion intelligent à ce sujet rend celles-ci une tâche décourageante. Les fournisseurs distribuent les remèdes naturels aux patients qui sont qualifiés dans bien des villes nord américaines malgré les arrêts des courts fédérales. Même dans les états qui ont établi des lois protégeant les patients des poursuites, les autorités d’application de la loi n'ont pas de protocole standard pour traiter la présence croissante du cannabis. Dans ce combat, les enjeux sont les droits de la vie, la liberté et la poursuite du bonheur. Dans ce cas, les droits des patients, la liberté d'expression des médecins, les droits des handicapés et les droits de certains états qui ont approuvé l'usage médical du cannabis violent la loi fédérale. D'énormes batailles légales font la une alors que les officiels de haut niveau combattant la drogue font des ravages avec des politiques inhumaines et irrationnelles. Pris dans la bataille, un nombre croissant de patients commet des crimes quotidiennement pour survivre.

De nos jours, il est communément connu que la marijuana possède de nombreuses application médicales. Même la  White House Office Of National Drug Control Policy a admis qu'elle ne pouvait pas nier ou contester que le cannabis pouvait être utilisé comme médicament malgré des décennies de dénégation.  La recherche doit se poursuivre et bien plus d'information peut être collectée de diverses sources. En 1993, Peter Nelson de Australia Advisory Committee on Illicit drugs a conduit un examen de la littérature scientifique. Il a déterminé qu'il existe au moins 4000 papiers, livres et monographies publiées sur tous les aspects du cannabis depuis les années 1940. Andew Weil de la American Health Authority a mentionné que toute la documentation sur le cannabis pourrait remplir plusieurs remorques de tracteur. Selon Lester Grinspoon, un psychiatre d'Harvard, nous connaissons plus au sujet de ce médicament qu'au sujet de n'importe quel autre médicament en usage de nos jours.

Un programme appelé  The Compassionate Investigatory New Drug Program avait commencé à distribuer de l'herbe produite par le gouvernement à quelques patients sélectionnés en 1978, de nos jours le programme distribue toujours 300 cigarettes de marijuana par mois aux patients restants. En 1992 le programme a cessé d'accepter de nouveaux entrants au moment où il allait recevoir des demandes de milliers de patients atteints du SIDA.

Le cannabis médical a été légalisé en Californie et en Arizona quatre ans plus tard à cause d'initiatives médicales approuvées dans les deux états. Le Président Clinton a alloué un million de dollars pour l'examen de la recherche existante. En 1999, en résultat de cette recherche, l'Institut de Médecine a publié  Marijuana and Medicine: assessing the science base dans lequel les auteurs rapportent que les données collectées indiquent une possible valeur thérapeutique des médicaments cannabinoïdes, surtout pour soulager la douleur, stimuler l'appétit et contrôler les nausées. Le gouvernement a finalement reconnu le cannabis comme une ressource médicinale naturelle. Comme on pouvait s'y attendre, le rapport de l'Institut de Médecine n'a pas listé tous les bénéfices potentiels du cannabis.

Isoler certains des nombreux composés actifs présents dans la résine de cannabis a permis aux différentes études d'avoir lieu sans avoir recours au matériel naturel, qui est presque impossible à obtenir pour les études. Suivant le rapport publié par l'IOM en 1999, la maison blanche a promis de supporter la recherche pour le cannabis médical mais une seule étude a été autorisée. Les volontaires fournissant leur propre herbe ont créé une autre option pour la recherche moderne, aussi bien que les études réalisées dans les pays où l'usage du cannabis n'est pas autant strictement contrôlé qui sont une autre source d'information. Même si les USA empêchent le développement de la recherche du cannabis, de nombreux rapports scientifiques suggèrent qu'il a un bon nombre de possibles applications médicales.