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Comment La Capsaïcine Pourrait Apaiser Le Syndrome Cannabinoïde
8 min

Comment La Capsaïcine Pourrait Apaiser Le Syndrome D’hyperémèse Cannabinoïde

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La capsaïcine est un traitement topique efficace contre de nombreux troubles incluant des douleurs. Mais peut-elle traiter le syndrome d’hyperémèse cannabinoïde ? Ce syndrome rare provoque nausées et vomissements répétés dus à une consommation chronique de cannabis. Continuez votre lecture pour tout savoir à ce sujet.

Le cannabis est connu pour sa capacité à agir sur les sensations de nausée et de malaise, c’est pourquoi ses dérivés sont prescrits aux patients qui suivent des traitements tels que la chimiothérapie. Ce qui est moins connu, c’est le syndrome d’hyperémèse cannabinoïde (SHC), une maladie rare causée par le cannabis. En fonction de son degré d’avancement, ce syndrome peut affecter la qualité de vie d’une personne et même être totalement nuisible à sa santé.

Aujourd’hui, nous examinons l’efficacité des crèmes topiques à la capsaïcine pour atténuer les symptômes du SHC.

Qu’est-ce que le syndrome d’hyperémèse cannabinoïde ?

Qu’est-ce Que Le Syndrome D’hyperémèse Cannabinoïde ?

Le syndrome d’hyperémèse cannabinoïde, ou syndrome d’hyperémèse cannabique est une affection assez rare causée par la consommation chronique de cannabis. Affectant le système digestif, le SHC peut provoquer des nausées permanentes et s’il n’est pas traité, peut conduire à des épisodes de vomissements continus.

Il n’est pas surprenant que le fait de se sentir nauséeux et de vomir régulièrement ait un impact assez important sur la qualité de vie. Heureusement, cet état s’atténue si la consommation de cannabis cesse. Mais malheureusement, il semble qu’une fois qu’une personne a développé un SHC, il est probable que celui-ci refasse son apparition si la consommation de cannabis se poursuit.

Dans cet article, nous essaierons de déterminer si la capsaïcine (le composé qui rend les piments piquants) pourrait aider. Plus d’informations à ce sujet prochainement.

Symptômes du SHC

Les symptômes du SHC peuvent être divisés en deux phases.

La première est connue sous le nom de phase prodromique et se caractérise par des nausées, mais pas de vomissements. Les symptômes de la phase prodromique sont les suivants :

  • Nausées matinales
  • Douleurs abdominales
  • Peur de vomir
  • Alimentation régulière probablement interrompue
  • Durée de plusieurs semaines, mois ou années

La deuxième phase est connue sous le nom de phase hyperémétique et se caractérise quant à elle par des vomissements réguliers. Les symptômes de la phase hyperémétique sont les suivants :

  • Nausées permanentes
  • Vomissements répétés
  • Douleurs abdominales
  • Réduction de l’alimentation
  • Perte de poids
  • Déshydratation.

Si les personnes souffrant du SHC arrêtent de consommer du cannabis, il y a aussi une phase de rétablissement. D’une durée de quelques semaines ou de quelques mois, cette phase verra une réduction des symptômes et finalement une rémission totale.

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Quelles sont les causes du SHC ?

Quelles Sont Les Causes Du SHC ?

Les causes exactes du SHC ne sont pas claires, mais on soupçonne généralement qu’il est causé par une combinaison de facteurs génétiques et une surstimulation du système endocannabinoïde (SEC).

Le SEC est présent dans tout l’organisme. Il s’agit d’un réseau de canaux et de récepteurs situés dans le cerveau, le système nerveux, les cellules immunitaires ainsi que dans l’intestin et le tractus intestinal.

Les cannabinoïdes contenus dans le cannabis peuvent se lier à certains canaux et récepteurs du SEC ou encore les bloquer, mais on ne sait toujours pas tout sur leurs effets. Cependant, il semble que dans de rares cas, l’un des effets puisse être le SHC.

Bien que cela ne soit pas prouvé, deux parties du SEC ont été identifiées dans le contexte du SHC. Pendant un certain temps, on a pensé que l’interaction du cannabis avec les récepteurs CB1 était à l’origine du SHC. Cependant, des recherches plus récentes suggèrent qu’une diminution de la signalisation du récepteur TRPV1 pourrait être responsable, car ce récepteur se trouve dans le tractus intestinal (Moon, Buckley and Mark, 2018). Il est intéressant de noter que le récepteur TRPV1 est un récepteur vanilloïde. Mais nous y reviendrons plus tard.

Le syndrome d’hyperémèse cannabinoïde est-il si fréquent ?

Le SHC semble assez rare, mais en tant que trouble récemment découvert, il est probable que de nombreux cas soient mal diagnostiqués. Cela signifie que la fréquence réelle du SHC est probablement plus élevée que celle enregistrée.

Deux facteurs rendent le SHC plus susceptible de se produire. Tout d’abord, la consommation chronique de cannabis est le principal facteur de risque. Fumer de temps en temps ne provoquera pas un SHC, mais la consommation chronique est un vrai risque. Fumer plus d’une fois par semaine est considéré comme un facteur de risque, mais dans la plupart des cas, seuls les très gros consommateurs courent un risque important.

Le deuxième facteur de risque est l’âge auquel on commence à consommer du cannabis. Les personnes qui commencent à l’adolescence courent plus de risques que celles qui commencent à l’âge adulte. La raison de ce phénomène n’est pas claire, mais il se peut que la consommation de cannabis à l’adolescence interrompe le développement naturel.

Traitements actuels du syndrome d’hyperémèse cannabinoïde

Traitements Actuels Du Syndrome D’hyperémèse Cannabinoïde

À l’heure actuelle, il n’existe pas beaucoup de traitements pour le SHC. Le seul moyen connu pour guérir réellement cette affection est d’arrêter de consommer du cannabis. Si vous ne le faites pas, le syndrome continuera et les traitements auront un effet très limité.

Cependant, certains traitements peuvent aider à atténuer les symptômes pendant que vous essayez d’arrêter de consommer du cannabis et de passer par la phase de rétablissement.

On y retrouve :

  • Les antihistaminiques
  • Les médicaments antipsychotiques
  • Les crèmes topiques à la capsaïcine (nous y reviendrons bientôt)
  • Les analgésiques
  • Les douches et bains chauds

La capsaïcine peut-elle aider à lutter contre le syndrome d’hyperémèse cannabinoïde ?

La Capsaïcine Peut-elle Aider À Lutter Contre Le Syndrome D’hyperémèse Cannabinoïde ?

La crème à la capsaïcine peut sembler être un traitement improbable, mais elle montre des bienfaits sur certains symptômes du SHC.

Qu’est-ce que la capsaïcine ?

La capsaïcine est le composé que l’on retrouve au sein des piments et qui leur confère leur chaleur. Bien qu’elle soit surtout connue pour ses propriétés épicées et son rôle crucial en tant qu’ingrédient culinaire dans le monde entier, la capsaïcine n’est pas seulement utile pour relever un plat.

La capsaïcine est en fait un agoniste des vanilloïdes (ce qui signifie qu’elle se lie aux récepteurs des vanilloïdes) comme le récepteur TRPV1, qui fait partie du système endocannabinoïde « élargi ». Plus généralement, la capsaïcine est connue pour être un traitement efficace contre la douleur généralement prescrit sous forme de pommades.

Capsaïcine vs capsicum

Capsicum est le nom générique des piments. La capsaïcine est la substance chimique qu’ils contiennent et qui leur donne leur côté relevé.

Il est peu probable que le simple fait de frotter un piment fort sur votre corps vous donne les résultats escomptés. Il est préférable d’en parler à un médecin et d’utiliser une crème à base de capsaïcine.

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Recherches sur la capsaïcine contre le SHC

Il existe un grand nombre de recherches sur l’efficacité de la capsaïcine dans le traitement du SHC. Mais avant d’aller plus loin, il faut savoir que cela ne guérira pas votre maladie ! Si vous souffrez du SHC, la seule solution viable à long terme est d’arrêter de consommer du cannabis : sinon il ne disparaîtra pas. Tout ce que la capsaïcine peut faire, c’est limiter les symptômes pendant que vous tentez ce processus.

La première étude se concentre sur quelque chose que nous avons déjà mentionné : le récepteur TRPV1. Elle postule que, si le SHC peut être en partie causé par une réduction de la signalisation TRPV1, l’augmentation de l’activité de ce récepteur pourrait contribuer à atténuer certains des symptômes (Moon, Buckley and Mark, 2018).

Avant de nous emballer, il convient toutefois de mentionner que l’étude ci-dessus est une étude de cas, ce qui signifie qu’elle ne s’est concentrée que sur un seul individu. Par conséquent, bien que les résultats soient intéressants et justifient des recherches plus approfondies, il n’est actuellement pas possible d’en tirer des conclusions.

Une autre étude de cas présente des résultats similaires. Une femme de 41 ans souffrant du SHC depuis des années a connu un soulagement spectaculaire dans les 24 heures suivant l’administration d’un traitement topique à la capsaïcine, sans retour des symptômes (Aziz, 2020). Une fois encore, il est impossible de tirer des conclusions définitives à partir d’études de cas. Identifier la capsaïcine comme la cause de la rémission n’est pas possible à partir d’un seul cas. Ce patient était à l’hôpital à ce moment-là, d’autres médicaments lui ont aussi été prescrits, donc isoler les variables n’est pas possible.

Une troisième étude, également menée dans un hôpital, montre que deux adolescents résistants au traitement et atteints du SHC ont bien réagi au traitement topique à la capsaïcine (Graham, Barberio and Wang, 2017). Cette étude met également en évidence le mécanisme potentiel du récepteur TRPV1, suggérant à nouveau qu’il pourrait être responsable, au moins en partie, de l’apparition du SHC.

Enfin, un examen de 11 études a conclu que, bien que la rigueur méthodologique des études existantes soit faible, l’efficacité de la capsaïcine semble être supérieure à celle des traitements comparables et constitue probablement un traitement primaire efficace contre le SHC (McConachie, 2019).

Cet examen indique que la capsaïcine est probablement sûre et efficace dans une certaine mesure. Au total, dans l’ensemble des études, elle note qu’il existe 18 cas dans lesquels la capsaïcine est citée comme un traitement efficace du SHC. Elle note également que des études beaucoup plus rigoureuses sont nécessaires avant que nous puissions déterminer l’efficacité réelle de la capsaïcine dans le traitement du SHC.

Comment agit la crème à la capsaïcine

Comment Agit La Crème À La Capsaïcine

La crème à la capsaïcine est transdermique, ce qui signifie qu’elle est absorbée dans la circulation sanguine par le biais de la peau.

Vous pouvez appliquer de la crème à la capsaïcine sur toute peau intacte qui ne contient pas de muqueuse. Ne l’appliquez donc pas sur les yeux, le nez, la bouche et les parties génitales, car vous risquez de vous en souvenir, mais pas en bien ! De plus, une utilisation régulière sur une même partie de la peau permettra de réduire la sensation de picotement qu’elle provoque, car la peau devient tolérante à ses effets irritants. Cela ne signifie pas pour autant que ses propriétés antidouleur sont moins efficaces.

SHC : Y a-t-il une autre explication ?

Les causes des vomissements peuvent être nombreuses, mais le SHC implique des vomissements récurrents causés par la consommation régulière de cannabis. Bien que les mécanismes exacts de ce syndrome soient inconnus, il semble possible que le récepteur TRPV1 représente un lien crucial. Cependant, des recherches plus approfondies sont nécessaires pour mieux comprendre le SHC, car il n’a été identifié que récemment.

Si vous savez ou soupçonnez que vous souffrez du SHC, alors arrêter de consommer du cannabis est votre meilleure (et seule véritable) chance de vous débarrasser de ce syndrome. Les traitements ci-dessus vous aideront à atténuer les symptômes pendant que vous essayez d’arrêter, mais l’abstinence est la seule véritable solution.

Max Sargent
Max Sargent
Max est pigiste depuis plus de 10 ans et s’est tourné vers le journalisme du cannabis et des produits psychédéliques ces dernières années. Rédacteur pour des entreprises telles que Zamnesia, Royal Queen Seeds, Cannaconnetion, Gorilla Seeds, MushMagic et bien d’autres, il est fort d’une grande expérience dans ce secteur.
Avertissement :
Nous n'émettons aucun avis de nature médicale. Cet article a été écrit uniquement à des fins informatives et se base sur des recherches publiées par d'autres sources externes.

Ressources externes :
  1. Ansar Aziz, Tayyab Waheed, Olubunmi Oladunjoye, Adeolu Oladunjoye, Midhat Hanif, Fareena Latif, "Topical Capsaicin for Treating Cannabinoid Hyperemesis Syndrome", Case Reports in Gastrointestinal Medicine, vol. 2020, Article ID 8868385, 4 pages, 2020. - https://doi.org
  2. Graham, J., Barberio, M., & Wang, G. (2017). Capsaicin Cream for Treatment of Cannabinoid Hyperemesis Syndrome in Adolescents: A Case Series. Pediatrics, 140(6). - https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov
  3. McConachie, S. M., Caputo, R. A., Wilhelm, S. M., & Kale-Pradhan, P. B. (2019). Efficacy of Capsaicin for the Treatment of Cannabinoid Hyperemesis Syndrome: A Systematic Review. The Annals of pharmacotherapy, 53(11), 1145–1152. - https://doi.org
  4. Moon, A. M., Buckley, S. A., & Mark, N. M. (2018). Successful Treatment of Cannabinoid Hyperemesis Syndrome with Topical Capsaicin. ACG case reports journal, 5, e3. - https://doi.org
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